Les supporters du « Brexit » font

plus de bruit que ceux du « Remain »

mais restent moins influents

Notre analyse du web politique britannique montre que la droite de l’échiquier politique est bien plus engagée dans le débat que la gauche. Le centre-droit, pris entre le soutien de David Cameron pour le « Remain » et celui de Boris Johnson pour le « Brexit », penche pour la sortie de l’UE, alors que les sites les plus influents plaident en faveur du « Remain ».

Le web peut être perçu comme un espace sans structure, guidé par des passions et centres d’intérêt hétérogènes. En réalité le web possède sa structure propre, faite de liens hypertexte regroupant des communautés affinitaires. Comprendre cette structure peut mettre en lumière bien plus d’enseignements qu’une analyse des discours.

Linkfluence, Westminster Advisers et Dr. Nick Anstead de la London School of Economics ont créé en partenariat l’Observatoire du Web Politique Britannique. Notre objectif : comprendre le paysage politique britannique par l’analyse de sa représentation et structuration en ligne.

Le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne est le premier sujet d’étude de notre projet.

L’Observatoire du Web Politique Britannique se base sur l’analyse d’une carte interactive composée de 819 blogs et sites : personnalités politiques, individus actifs en politique et organisations, incluant les partis politiques. Ces blogs et sites ont été identifiés grâce à une approche hybride combinant technologie et analyse humaine (voir méthodologie).

Ce qu’il faut retenir:

  1. La droite politique est plus investie dans le débat sur le référendum
  2. Le « Brexit » l’emporte sur le « Remain » au sein du web politique Britannique
  3. En penchant en faveur du « Brexit », la communauté du centre-droit se pose comme la pierre angulaire du débat
  4. Le « Remain » domine le centre et les communautés de gauche
  5. Le « Brexit » s’appuie sur des supporters convaincus, le « Remain » sur des supporters influents

Nous espérons que l’Observatoire du Web Politique Britannique amènera interprétations et débats.

La droite politique est plus investie

dans le débat sur le référendum

De toutes les communautés politiques Britanniques, ce sont celles de droite qui témoignent du plus grand intérêt pour le débat européen. 92% des sites de la droite politique britannique (principalement composée du UKIP de Nigel Farage) prennent la parole sur le sujet, contre 53% de sites centre-droit et 33% de centre gauche.

Ce niveau élevé d’engagement n’est pas surprenant étant donné la place qu’occupe le débat européen pour la droite. En comparaison, le manque d’engagement des sites de gauche est notable. Cela pourrait en partie être attribué au rôle moteur des Conservateurs dans la campagne sur le référendum.

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Le « Brexit » l’emporte sur le « Remain »

au sein du web politique britannique

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En prenant en compte tous les sites exprimant une opinion sur le référendum, le « Leave » a un léger avantage sur le « Remain » (47% vs 45% d’opinions exprimées).

Reflétant presque parfaitement la participation au débat sur le Brexit, les communautés les plus investies – droite, extrême droite – militent pour quitter l’UE, tandis que les moins engagées – centre-gauche, gauche – sont en faveur du « Remain ».

Les opinions sur le Brexit sont fortement polarisées dans toutes les communautés politiques, la plupart prenant position sans équivoque. L’extrême gauche et le centre droit sont les communautés les plus divisées.

En penchant en faveur du « Brexit », la communauté du centre-droit se pose comme la pierre angulaire du débat

Le centre-droit est divisé, mais penche pour le « Leave ». Un constat inquiétant pour les pro-UE car le résultat dépend largement de la capacité de l’état major du parti conservateur à convaincre ses électeurs à voter « Remain ».

57% des sites de centre-droit soutiennent le « Leave », 30% le « Remain ».

Cela suggère que la communauté web du centre-droit et ceux qui l’animent sont bien plus « Eurosceptiques » que la représentation parlementaire du parti conservateur, où une faible majorité de députés soutient le « Remain ». Cette situation reflète les divisions qui animent le parti, entre ceux qui souhaitent que le Royaume-Uni quitte l’UE et ceux qui y sont défavorables.

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David Cameron ayant annoncé en 2015 qu’il ne briguerait pas de troisième mandat de Premier Ministre, le parti conservateur va faire face à une bataille de chefs dans un futur proche. Ses députés, majoritairement pro-Europe, choisiront les deux candidats qui s’affronteront pour le diriger le parti, mais ce sont bien les militants qui auront la décision finale.

Comme le Parti Travailliste l’a découvert, les tensions entre la représentation parlementaire et la base peuvent sérieusement nuire à un parti.

Le point de vue de Westminster Advisers

Si l’on considère que les sites influents de centre-droit peuvent façonner les opinions des électeurs conservateurs, cela confirmerait l’idée qu’un candidat pro-Brexit peut obtenir des meilleurs résultats dans la course à la direction du parti – avec en tête Boris Johnson, Michael Gove et Pritti Patel. Les candidats plus centristes pourraient éprouver de sérieuses difficultés à séduire les électeurs conservateurs – un mauvais présage pour George Osborne.

Le « Remain » domine le centre et les communautés de gauche

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Le parti travailliste (centre-gauche) et les libéraux-démocrates (centre) ont formellement déclaré leur support pour le « Remain ». Le soutien du web correspondant à ces forces politiques peut donc paraître attendu.

Le point de vue de Westiminster Advisers

La communauté de centre gauche et Jeremy Corbyn ne sont pas complètement alignés. Ce dernier a historiquement montré une opinion pour le moins mitigée quant à l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE, et n’a jamais été une tête de proue de la campagne du « Remain ».

Le centre gauche et les communautés de gauche soutiennent pourtant le « Remain » sans ambiguïté, et c’est certainement l’une des raisons qui poussent Jeremy Corbyn dans ce camp. Un homme avec peu d’amis dans son parti se doit au moins d’écouter ses électeurs. Ce qui pose une question plus large sur Corbyn : est-il un vrai leader ou est-il guidé par ceux qui l’ont porté aux commandes?

Le « Brexit » s’appuie sur des supporters convaincus,

le « Remain » sur des supporters influents

La droite, l’extrême droite, l’extrême gauche, les libéraux et le centre-droit constituent le groupe du « Leave ».

Ces sites sont minoritaires sur l’ensemble du web politique – 38% de tous les sites politiques identifiés – mais ils sont surreprésentés sur la question du référendum (54% des sites qui ont une opinion sur le référendum).

Les supporters du « Brexit » sont également beaucoup plus convaincus lorsqu’ils expriment leur position. Du côté « Leave », les militants surpassent largement en nombre les sympathisants (40% vs 7%), défendant leur conviction corps et âme, tandis que leurs homologues supporters du « Remain » adoptent une position plus modérée (26% vs 19%).

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Pour la plupart des groupes politiques tombant dans ces catégories, l’Euroscepticisme est un étendard, une base commune. Il n’est donc pas surprenant que les supporters du « Brexit » défendent ardemment leur position sur le web. Un constat particulièrement vrai au sein des partis de droite et d’extrême droite (UKIP et affiliés) qui militent pleinement en faveur de la sortie de l’Europe.

Pour la plupart des votants, l’adhésion à l’UE reste cependant une question d’ordre secondaire, placée très bas dans la liste des problèmes dont ils se soucient le plus. Il existe une forte dissonance entre les intérêts des électeurs et l’agenda des politiques.

Le point de vue de Westiminster Advisers

Comment regarder ce constat en se projetant vers le futur ? Si le « Remain » l’emporte, il est probable que les supporters du « Leave » continueront à se battre pour leur cause. Ces communautés politiques sont passionnées, et les résultats du référendum, s’ils ne vont pas dans leur direction, ne vont pas désamorcer la situation. Encore moins en cas de faible écart. Dans tous les cas, on peut s’attendre à ce que les supporters du « Leave » s’installent durablement dans le débat politique.

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Notre mesure de l’influence révèle une autre dimension du débat autour du « Brexit ».

Parmi les 30 sites politiques britanniques les plus influents*, 18 sont militants ou sympathisants du « Remain ».Seuls 4 sont du côté du « Leave ».

De façon plus générale, le score moyen d’influence de sites « Remain » dans le web politique britannique est de 40*, tandis que celui des sites « Leave » s’établit à 29*. En dépit de leur nombre plus important, les sites pronant la sortie de l’Europe ont donc une portée plus limitée. Les sites pro « Remain » sont plus établis et populaires.

L’influence en ligne est donc clairement du côté du « Remain ». Mais nous avons vu par le passé, particulièrement dans le contexte du référendum français sur le Traité Constitutionnel Européen en 2005, qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un avantage. Cette différence tend à refléter la déconnexion entre élites politiques et base électorale.

* La mesure d’influence, ou Linkfluence score, est fondée sur le nombre de liens entrants que chaque site partage avec les autres sites de la carte. Plus un site reçoit de lien, plus le Linkfluence score est élevé. Ce score s’établit entre 0 et 100.

 

Pour explorer la carte, connectez-vous via un ordinateur de bureau ou portable

 

Méthodologie

Les 819 sites composant l’écosystème politique Britannique ont été réunis grâce à la plateforme de veille social media Radarly, qui a exploré des milliers de blogs et sites répondant à une liste de mot clefs politiques et ayant publié du contenu entre Janvier 2015 et Mars 2016. A partir de la liste de sources initiale, les algorithmes ont identifié les liens entre ces sites, permettant de déterminer l’influence relative de chaque site, selon le nombre de liens hypertexte – entrants et sortants – qu’ils partagent avec les autres sites de l’écosystème.

Une liste initiale comprenant environ 2 000 sites a été constituée, puis revue par les analystes de London School of Economics, Westminster Advisers et Linkfluence pour sélectionner les sites et blogs répondant aux critères suivants : sites de politiciens, d’individus actifs politiquement ou d’organisations avec une affiliation politique, en excluant les annuaires, les agrégateurs, les ONG et les sites d’actualités. Tous les sites qui ne partageaient pas de liens avec d’autres sites ont été supprimés. Le résultat : une liste finale de 819 sites. Les analystes ont par la suite manuellement codé chacun d’entre eux selon leur couleur politique et leur position par rapport au « Brexit ». Les 819 sites ont ensuite été explorés et spatialisés en utilisant les liens sortants et entrants qu’ils partagent pour créer une carte interactive les regroupant par communautés d’intérêt.

La carte interactive permet d’explorer les sites composant les communautés politiques différentes, de comprendre où les sites se situent dans le réseau, quels sont ceux qui sont influents, et de visualiser les relations entre les sites, au sein et en dehors de leur propre communauté politique.

La carte étant concentrée sur le web politique Britannique, nous n’avons choisi de ne pas inclure les sites de campagne Brexit ou Remain. Leur présence aurait impacté la structure du paysage politique, alors que notre intention est de regarder le paysage tel qu’il est, avec le moins de biais possible, et couvrant les sujets de cette structure.

Il est important de rappeler que le débat politique en ligne ne se déroule pas de la même façon que dans le monde « hors ligne ». Cependant nous savons également qu’à plusieurs endroits dans le monde et dans de nombreux partis, les conversations en ligne jouent un rôle dans le façonnement du débat, engendrant l’activisme et nourrissant la couverture médiatique grand public. Ce qui se passe sur Internet est important dans la « vraie vie » politique.

Leader français du Social Media Intelligence, Linkfluence propose des solutions uniques de monitoring, d’analyse et d’activation des médias sociaux. Linkfluence accompagne dans le monde entier marques et agences dans le déploiement de leurs stratégies marketing et communication avec Radarly, sa suite logicielle en SaaS, ses Real-Time Services (reporting, alerting, crisis management) et ses Strategic Services (Image, Explore, Impact, Engage). Linkfluence est présent en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Chine et à Singapour.

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Dr. Nick Anstead est Professeur assistant dans le département Media and Communications au sein de la London School of Economics, où il applique sa recherche aux domaines de la communication politique, des élections et des institutions. Il est Directeur du doctorat Politics and Communications.

Westminster Advisers regroupe une équipe de spécialistes en affaires publiques et communication. Nous aidons les organisations à grandir par une meilleure compréhension et application des politiques publiques. Nous conseillons nos clients sur:

  • Les conséquences des changements de politique publique, leur impact et comment les gérer.
  • La communication avec le régulateur, les leaders d’opinion et les médias.
  • L’analyse des processus de décision gouvernementaux à l’échelle locale et nationale.

Nous offrons également un service spécialisé sur l’analyse des risques politiques (PRA).

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Pour Linkfluence:
Pauline Bodin, Head of Communications: +33 (0) 1 80 400 771
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Pour Westminster Advisers:
Lindsay McCallum, Account Director: +44 (0) 207 2271 644